Je sais que dans le métro, une fille aux yeux rougis interpellait un type en criant tout bas : " Mais tu te fous de ma gueule ?
Dans ce poème il y'a un Oxymore .
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Je sais que dans le métro, une fille aux yeux rougis interpellait un type en criant tout bas : " Mais tu te fous de ma gueule ?
Dans ce poème il y'a un Oxymore .

Métamorphose
Un jeune homme un matin se réveille dans le corps d'un vieillard. A l'inverse, une vieille femme se découvre
adolescente dans son miroir et sort de l'hospice sous les regards d'enfants qui viennent à peine d'acquérir le corps robuste d'hommes mûrs.
L'esprit s'habitue mal. L'amoureux d'hier, vieilli, implore son amante redevenue gamine, tandis que la vieille femme métarmorphosée en jeune fille juge ses efforts et ses émois sans
avenir.
Un fait demeure : le trépat. Au moins personne n'ose plus formuler ces commentaires : " Il était trop jeune pour mourir
", ou : " Il a fait son temps. "
J'ai choisi ce second poème car à la première lecture il m'a beaucoup plu. Encore une fois, c'est d'abord le titre qui m'a interpellé, puis j'ai trouvé l'histoire de ces deux personnages
touchante, malgrè qu'elle m'ait paru étrange la première fois que je l'ai lue.
Any where out of the world

Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du
poële, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre.
Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas,
et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.
«Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d'aller d'habiter Lisbonne? Il doit y faire chaud, et tu t'y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l'eau; on dit qu'elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu'il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir!»
Mon âme ne répond pas.
«Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l'image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons?»
Mon âme reste muette.
«Batavia te sourirait peut-être davantage? Nous y trouverions d'ailleurs l'esprit de l'Europe marié à la beauté tropicale.»
Pas un mot. -- Mon âme serait-elle morte?
En es-tu donc venue à ce point d'engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal? S'il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort. -- Je tiens notre affaire, pauvre âme! Nous ferons nos malles pour Tornéo. Allons plus loin encore, à l'extrême bout de la Baltique; encore plus loin de la vie, si c'est possible; installons-nous au pôle. Là le soleil ne frise qu'obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant. Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d'un feu d'artifice de l'Enfer!»
Transbaikalie_
Les rendez-vous manqués d'amoureux au creux d'une carrière de porphyre, - la géhenne et la gigue démente des bateaux en feu, par une nuit de brume, sur la mer du Nord - les géantes brousailles de
ronces et les hautes coronnes de cimetière d'une usine bombardée - ne pourraient donner qu'une faible idée de ce vide pailleté de brûlures, de ce vaul'eau et de cette dérive d'épaves comme les
hautes eaux de l'Amazone où mon esprit n'avait cessé de flotter après le départ, au milieu d'énigmatiques monosyllabes, de celle que je n'avais plus nommées que par des nom de glaciers
inaccessibles ou de quelques unes de ces splendides rivières mongoles aux roseaux chanteurs, aux tigres blancs et odorants, à la tendresse d'oasis inutiles, au milieu des cailloutis brûlés des
steppes, ces rivières qui défilent si doucement devant le chant d'un oiseau perdu à la cime d'un roseau, comme posé après un retrait du déluge sur un paysage balayé des dernières touches de
l'homme : Nonni, Kéroulèn, Sélenga. Nonni, c'est le nom que je lui donne dans ses consolations douces, ses grandes échappées de tendresse comme sous les voiles de couvent, c'est la douceur de
caillou de ses mains sèches, sa petite sueur d'enfant, légère comme une rosée, après l'étreinte matinale, c'est la petite soeur des nuits innocentes comme des lis, la petite fille des jeux sages,
des oreillers blancs comme un matin frai de septembre, - Kéroulèn ce sont les orages rouges de ses muscles vaincus dans la fièvre, c'est sa bouche tordue de cette éclatante torsion sculpturale
des poutrelles de fer après l'incendie, les grandes vagues vertes où flottent ses jambes houleuses entre les muscles frais de la mer quand je sombre avec elle comme une planche à travers des
strates translucides et ce grand bruit de cloches secouées qui nous accompagne sous la couche des profondeurs - Sélenfa, c'est quand flotte sa robe comme un vol de mouettes ensoleillé au milieu
des rues vides du matin, c'est dans de grands voiles battants, ocellé de ses yeux comme une queue d'oiseau à traîne, ce sont ses yeux liquides qui nagent autour d'elle comme une danse
d'étoiles - c'est quand elle descend dans mes rêves par les cheminées calmes de décembre, s'assied près de mon lit et prend timidement ma main entre sses petit doigts pour le difficile passage à
travers les paysages solennels de la nuit, et ses yeux transparents à toutes les comètes ouverts au dessus de mes yeux jusqu'au matin.
***
J'ai choisi ce poème car je le trouve très intéressant puisqu'il a une syntaxe particulière : il comporte seulement deux phrases.
Et je trouve que c'est un très beau poème, qui nous laisse imaginer énormément de choses, notammeent grace à des descriptions précises mais vagues en même temps.
C'est un poème qui m'a tout de suite interpellé, à cause du titre que je trouvais intriguant, et quand je l'ai lu je l'ai tout de suite adoré.
Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.
« Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d'aller d'habiter Lisbonne ? Il doit y faire chaud, et tu t'y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l'eau; on dit qu'elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu'il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir ! »
Mon âme ne répond pas.
« Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante ? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l'image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons ? »
Mon âme reste muette.
« Batavia te sourirait peut-être davantage ? Nous y trouverions d'ailleurs l'esprit de l'Europe marié à la beauté tropicale. »
Pas un mot. -- Mon âme serait-elle morte ?
En es-tu donc venue à ce point d'engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal ? S'il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort. -- Je tiens notre affaire, pauvre âme ! Nous ferons nos malles pour Tornéo. Allons plus loin encore, à l'extrême bout de la Baltique; encore plus loin de la vie, si c'est possible; installons-nous au pôle. Là le soleil ne frise qu'obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant. Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d'un feu d'artifice de l'Enfer ! »

J'étais l'objet d'une question qui ne m'appartenait. Elle était là, ne se posait, m'appelait par mon
nom, doucement, pour ne pas m'apeurer. Mais le bruit de sa voix, je n'avais rien pour en garder la trace. Aussi je la nommais absence, et j'imaginais que ma bouche (ou mes mains) allait saigner.
Mes mains demeuraient nettes. Ma bouche était un caillou rond sur une dune de sable fin : pas un vent, mais l'odeur de la mer qui se mêlait au pins.
Roger Giroux
J'ai choisis ce poème car en le lisant, je l'ai trouvé leger a lire, simple, car
fait de courtes phrases. Même si le sens n'est pas très simple. Je pense que l'auteur parle de l'absence d'une personne, d'un manque qui le ferait souffrir. J'aime beaucoup la fin, qui
abouti sur un paysage calme et reposant .
Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, poème XXXV
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