Des poèmes en prose !

Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 12:00

Je sais que dans le métro, une fille aux yeux rougis interpellait un type en criant tout bas : " Mais tu te fous de ma gueule ?  

Dans ce poème il y'a un
Oxymore .

Par julia - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 19:58
Mon poème préféré du recueil est le 263 :

Je sais qu'en disant " vous voyez ce que je veux
dire ? ", personne n'a compris quoi que ce soit, mais
chacun se sent complice . 

Parce que souvent je sais, que je parle dans le vide, que personne ne voit à quoi je pense et que cette phrase me donne l'impression que tout le monde comprend mieux  
car
JE SAIS que personne ne répondra NON .
Par julia - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /2009 23:27




Elle
en cachette rêve encore . 
Il dort à côté d'elle . 
Lequel des deux fait de beaux rêves ?




Avec les poèmes de la page 30 et de la page 80 .    
Par julia - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 15:16

 

Elle est bien laide. Elle est délicieuse pourtant!
   Le Temps et l'Amour l'ont marquée de leurs griffes et lui ont cruellement enseigné ce que chaque minute et chaque baiser emportent de jeunesse et de fraîcheur.
   Elle est vraiment laide; elle est fourmi, araignée, si vous voulez, squelette même; mais aussi elle est breuvage, magistère, sorcellerie! en somme, elle est exquise.
   Le Temps n'a pu rompre l'harmonie pétillante de sa démarche ni l'élégance indestructible de son armature. L'Amour n'a pas altéré la suavité de son haleine d'enfant; et le Temps n'a rien arraché de son abondante crinière d'où s'exhale en fauves parfums toute la vitalité endiablée du Midi français: Nîmes, Aix, Arles, Avignon, Narbonne, Toulouse, villes bénies du soleil, amoureuses et charmantes!
   Le Temps et l'Amour l'ont vainement mordue à belles dents; ils n'ont rien diminué du charme vague, mais éternel, de sa poitrine garçonnière.
   Usée peut-être, mais non fatiguée, et toujours héroïque, elle fait penser à ces chevaux de grande race que l'oeil du véritable amateur reconnaît, même attelés à un carrosse de louage ou à un lourd chariot.
   Et puis elle est si douce et si fervente! Elle aime comme on aime en automne; on dirait que les approches de l'hiver allument dans son coeur un feu nouveau, et la servilité de sa tendresse n'a jamais rien de fatiguant.


Un Cheval de race - Le Spleen de Paris - 1862
Charles Baudelaire

 

Par Liza - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 17:43
Le Port

       Un port est un séjour charmant pour une ame fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'ame le gout du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, pour celui qui n'a plus ni curiosité ni ambition, à comtempler, couché dans le belédère ou accoudé sur le mole, tous ces mouvementdeceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir. 

Charles Baudelaire


J'ai choisi ce poème car il reflète l'idée que je me fait des ports d'autrefois quant il fait beau, quand les bateaux étaient encore en bois avec des mats démesurés, des cordages, des noeuds et des poulies un peu partout, et parfois une figure de proue qui fixait l'horizon. De nos jour, ces bateaux d'une autre époque sont rares , ils ont été remplacés par de grands navires de fer , sans voiles, qui ne s'arretent jamais de livrer ou de prendre des marchandises de tout sortes dans d'énormes conteneurs, ou de tranporter du gaz et du pétrole dans des cuves sans font. Mais si cette poésie a disparu, en revanche la mer et le ciel sont toujours là, méme si la mer est abimée par les Hommes et ces nouveaux bateaux qui pourtant ont parfois aussi leur charmes quand il fait beau temps, mais ce ne sera jamais celui des navires anciens.

Mari-Wenn
Par Mari-wenn - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 14:06
Lequel de ces deux poèmes de Baudelaire
préférez-vous ?



LA CHEVELURE


Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal (1857)






UN HEMISPHERE DANS UNE CHEVELURE

Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air.

Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens! tout ce que j'entends dans tes cheveux! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique.

Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.

Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur.

Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.

Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.

Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.

Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris (1862)





Par i-voix - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /2009 16:32

Métamorphose

 


Un jeune homme un matin se réveille dans le corps d'un vieillard. A l'inverse, une vieille femme se découvre adolescente dans son miroir et sort de l'hospice sous les regards d'enfants qui viennent à peine d'acquérir le corps robuste d'hommes mûrs.
L'esprit s'habitue mal. L'amoureux d'hier, vieilli, implore son amante redevenue gamine, tandis que la vieille femme métarmorphosée en jeune fille juge ses efforts et ses émois sans avenir.

Un fait demeure : le trépat. Au moins personne n'ose plus formuler ces commentaires : " Il était trop jeune pour mourir ", ou : " Il a fait son temps. "





J'ai choisi  ce second poème car à la première lecture il m'a beaucoup plu. Encore une fois, c'est d'abord le titre qui m'a interpellé, puis j'ai trouvé l'histoire de ces deux personnages touchante, malgrè qu'elle m'ait paru étrange la première fois que je l'ai lue.

Par Caroline - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /2009 12:33

   Any where out of the world

(N'importe où hors du monde)


*

     Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit.  Celui-ci   voudrait souffrir en face du poële, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre.
     Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.

    «Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d'aller d'habiter Lisbonne?  Il doit y faire chaud, et tu t'y ragaillardirais comme un lézard.  Cette ville est au bord de l'eau; on dit qu'elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu'il arrache tous les arbres.  Voilà un paysage selon ton goût; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir!»

    Mon âme ne répond pas.

    «Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante?  Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l'image dans les musées.  Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons?»

    Mon âme reste muette.

    «Batavia te sourirait peut-être davantage?  Nous y trouverions d'ailleurs l'esprit de l'Europe marié à la beauté tropicale.»

    Pas un mot. -- Mon âme serait-elle morte?

    En es-tu donc venue à ce point d'engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal?  S'il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort. -- Je tiens notre affaire, pauvre âme!  Nous ferons nos malles pour Tornéo.  Allons plus loin encore, à l'extrême bout de la Baltique; encore plus loin de la vie, si c'est possible; installons-nous au pôle.  Là le soleil ne frise qu'obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant.  Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d'un feu d'artifice de l'Enfer!»

    Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie: «N'importe où! n'importe où! pourvu que ce soit hors de ce monde!»

Charles Baudelaire

*

J'ai choisi ce poème car il me ressemble.Je l'ai aimé tout de suite.Il résume parfaitement le monde où nous vivons, selon moi.

 

Par Charlotte - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /2009 21:00

Transbaikalie_

 

 

Les rendez-vous manqués d'amoureux au creux d'une carrière de porphyre, - la géhenne et la gigue démente des bateaux en feu, par une nuit de brume, sur la mer du Nord - les géantes brousailles de ronces et les hautes coronnes de cimetière d'une usine bombardée - ne pourraient donner qu'une faible idée de ce vide pailleté de brûlures, de ce vaul'eau et de cette dérive d'épaves comme les hautes eaux de l'Amazone où mon esprit n'avait cessé de flotter après le départ, au milieu d'énigmatiques monosyllabes, de celle que je n'avais plus nommées que par des nom de glaciers inaccessibles ou de quelques unes de ces splendides rivières mongoles aux roseaux chanteurs, aux tigres blancs et odorants, à la tendresse d'oasis inutiles, au milieu des cailloutis brûlés des steppes, ces rivières qui défilent si doucement devant le chant d'un oiseau perdu à la cime d'un roseau, comme posé après un retrait du déluge sur un paysage balayé des dernières touches de l'homme : Nonni, Kéroulèn, Sélenga. Nonni, c'est le nom que je lui donne dans ses consolations douces, ses grandes échappées de tendresse comme sous les voiles de couvent, c'est la douceur de caillou de ses mains sèches, sa petite sueur d'enfant, légère comme une rosée, après l'étreinte matinale, c'est la petite soeur des nuits innocentes comme des lis, la petite fille des jeux sages, des oreillers blancs comme un matin frai de septembre, - Kéroulèn ce sont les orages rouges de ses muscles vaincus dans la fièvre, c'est sa bouche tordue de cette éclatante torsion sculpturale des poutrelles de fer après l'incendie, les grandes vagues vertes où flottent ses jambes houleuses entre les muscles frais de la mer quand je sombre avec elle comme une planche à travers des strates translucides et ce grand bruit de cloches secouées qui nous accompagne sous la couche des profondeurs - Sélenfa, c'est quand flotte sa robe comme un vol de mouettes ensoleillé au milieu des rues vides du matin, c'est dans de grands voiles battants, ocellé de ses yeux comme une queue d'oiseau à traîne, ce sont ses yeux liquides qui nagent autour d'elle comme une danse d'étoiles - c'est quand elle descend dans mes rêves par les cheminées calmes de décembre, s'assied près de mon lit et prend timidement ma main entre sses petit doigts pour le difficile passage à travers les paysages solennels de la nuit, et ses yeux transparents à toutes les comètes ouverts au dessus de mes yeux jusqu'au matin.




                                                                             ***




J'ai choisi ce poème car je le trouve très intéressant puisqu'il a une syntaxe particulière : il comporte seulement deux phrases.
Et je trouve que c'est un très beau poème, qui nous laisse imaginer énormément de choses, notammeent grace à des descriptions précises mais vagues en même temps.
C'est un poème qui m'a tout de suite interpellé, à cause du titre que je trouvais intriguant, et quand je l'ai lu je l'ai tout de suite adoré.




Julien Gracq_
Par Caroline - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /2009 13:59

L'abîme derrière la porte .

(lien de l'image)    
Parfois je me demande ce qu’il y a derrière la porte qui ouvre ma mémoire. Ce que je rencontrerais en l’ouvrant, ce à quoi je devrais faire face. Si seulement je pouvais l’entrouvrir, juste un instant, y jeter un œil, pour me faire une idée. Peut-être serait-ce des cartons empilés, remplis de feuilles froissées, cornées, en vrac. Peut-être, dans le même genre, une bibliothèque aux livres usés par le temps, certains l’air plus neufs que d’autres, la plupart des étagères étant vides ou incomplètes. Peut-être encore un labyrinthe, escaliers dessus, escaliers dessous, comme dans je ne sais plus quelle peinture, peut-être m’en rappellerais-je en y rentrant. Peut-être un long couloir, aux mille et une portes, qu’il faudrait ouvrir les unes après les autres, pour découvrir une face de ce que l’on a été. Peut-être un cinéma où passeraient des morceaux de ma vie, à tout hasard. Ou peut-être des mots, des phrases, comme apportés par un vent inexistant, se répercutant en échos dans ma tête, mille voix, mille tons, jusqu’à en devenir incompréhensibles. Je me demande ce qu’il y a derrière la porte... Peut-être rien, un abime...


J'aime beaucoup ce poème car il évoque le côté inconscient de notre mémoire & nos souvenirs enfouis ! Je le trouve très touchant !

Par Solenne - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /2009 13:48
     Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit.  Celui-ci   voudrait souffrir en face du poële, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre.

    Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.

    « Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d'aller d'habiter Lisbonne ?  Il doit y faire chaud, et tu t'y ragaillardirais comme un lézard.  Cette ville est au bord de l'eau; on dit qu'elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu'il arrache tous les arbres.  Voilà un paysage selon ton goût; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir ! »

    Mon âme ne répond pas.

    « Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante ?  Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l'image dans les musées.  Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons ? »

    Mon âme reste muette.

    « Batavia te sourirait peut-être davantage ?   Nous y trouverions d'ailleurs l'esprit de l'Europe marié à la beauté tropicale. »

    Pas un mot. -- Mon âme serait-elle morte ?

    En es-tu donc venue à ce point d'engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal ?   S'il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort. -- Je tiens notre affaire, pauvre âme !  Nous ferons nos malles pour Tornéo.  Allons plus loin encore, à l'extrême bout de la Baltique; encore plus loin de la vie, si c'est possible; installons-nous au pôle.  Là le soleil ne frise qu'obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant.  Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d'un feu d'artifice de l'Enfer ! »

    Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie : « N'importe où ! n'importe où !  pourvu que ce soit hors de ce monde ! »






   J'ai choisi ce poème car il me fait voyager dans la lecture, me rappelle des paroles prononcées par une personne que j'aime, et surtout ma passion est de voyager avec les gens que j'aime ...


Par Mathilde - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /2009 18:59


Se souvenir : le dire, l’écrire.

Se souvenir soi-même ou s’approprier le souvenir d’autrui.
Ou encore, s’inventer un passé. Aussi : ne pas vouloir se souvenir. Effacer les noms, laisser des blancs, taire, déguiser. Se souvenir du monde autour qui perd la mémoire à force de voir ses villes, ses rues et ses places renommées. Se souvenir de ceux à qui on a défendu de se souvenir : rappeler leur identité, leur langue, leur histoire.

Se souvenir du temps où l’on ne mesurait pas encore le temps.




Auteur - ici.
Photo - Lamiel et moi, five years ago... (:

Par Lucie - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 19:30

J'étais l'objet d'une question qui ne m'appartenait. Elle était là, ne se posait, m'appelait par mon nom, doucement, pour ne pas m'apeurer. Mais le bruit de sa voix, je n'avais rien pour en garder la trace. Aussi je la nommais absence, et j'imaginais que ma bouche (ou mes mains) allait saigner. Mes mains demeuraient nettes. Ma bouche était un caillou rond sur une dune de sable fin : pas un vent, mais l'odeur de la mer qui se mêlait au pins.

Roger Giroux

J'ai choisis ce poème car en le lisant, je l'ai trouvé leger a lire, simple, car fait de courtes phrases. Même si le sens n'est pas très simple. Je pense que l'auteur parle de l'absence d'une personne, d'un manque qui le ferait souffrir. J'aime beaucoup la fin, qui abouti sur un paysage calme et reposant .

Par Rachelle - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 17:55
Qui-vive


l’expansion de l’univers à la pointe du premier merle
pourquoi prendre des nouvelles du front des catastrophes
la fenêtre ouverte sur tant d’espace en sonde
écoutant le rêve commun élever ses galeries verticales
je sais à cet instant que nous pouvons abolir
la mise à mort, qu’attendons-nous?
Je te regarde dormir dans l’ailleurs d’ici
esquisse de coulisses aux clefs de coups d’état
la paume ainsi fermée sur un de tonnerre
est-ce que tu réinventes la syntaxe de l’éveil
les fables sont soudain si proches
comme celle du trois cent soixante-sixième matin 

Renaud Ego


















J'ai choisi ce poème car Renaud Ego y traite des sujets qui nous concernent et dont on entend parler pratiquement tous les jours, ce sont des problèmes mondiaux comme la peine de mort ou des "catastrophes" qui, pour moi, peuvent aussi bien être de simples catastrophes naturelles que des guerres ou des génocides.
Je pense qu'à travers ce poème, Renaud Ego a voulu nous dire que c'est à nous de changer les choses, nous avons les cartes en main " la paume ainsi fermée sur un dé de tonnerre" chacun des trois cent soixante-six jours de l'année. Il faut appliquer nos "fables" ensommeillées à la réalité, notre dure réalité.
Par Emmanuel - Publié dans : Des poèmes en prose !
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 13:47

Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, poème XXXV



Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir et lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

Par delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Si c'eût été un pauvre vieux homme, j'aurais refait la sienne tout aussi aisément.

Et je me couche, fier d'avoir vécu et souffert dans d'autres que moi-même.

Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?

J'ai choisie ce très beau poème car je le trouve très imagé, on peut voir la fenêtre, la vieille femme qu'il décrit j'aime beaucoup le passage ou il dit qu'il s'imagine être un autre : "je est un autre" et j'aime beaucoup la fin sur cette question "ce que je suis?".
Par Justine - Publié dans : Des poèmes en prose !
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