Poésie - Divers

Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 23:08
Arthur Rimbaud et ..nos reves..il les jette et il les reverse..il reverse sa vie. Il cherche ..il trouve!?
lui,qui avait tout (??) vu.
et Nous?



Par Nico ( italien) :) - Publié dans : Poésie - Divers
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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 22:49
"Prendila sul serio
ma sul serio a tal punto
che a settant'anni, ad esempio, pianterai degli ulivi
non perché restino ai tuoi figli
ma perché non crederai alla morte
pur temendola,
e la vita peserà di più sulla bilancia"

(Nazim Hikmet, Alla Vita)

Je ne trouve pas de traduction en franòais...moi..je n'ose pas. saisissez également le message..je suis sure que cela passe....ce sont nos reves qui existent..dit Vecchioni..et Rimbaud..le savait bien...
Par Martina - Publié dans : Poésie - Divers
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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 22:36
Una grande canzone e la scena finale di un grande film( "I quattrocento colpi" di F. Truffaut). Il sogno di Antoine è quello di raggiungere il mare che per lui rappresenta la libertà ma questo sogno si spezza come le onde che interrompono la loro corsa sulla costa sabbiosa, dolcemente ma inesorabilmente. Nell'immagine finale del suo sguardo c'è tutta la sua delusione per il sogno di libertà che è solo illusione...
Le Film " Les quatrecents coups " de
  F. Truffaut), a comme chanson ce poème de Vecchioni,.le reve qui nous fait avancer dans nos vies est celui d'Antoine.dans le film.
demande: AVEZ  VOUS UN REVE???

Par nicolò - Publié dans : Poésie - Divers
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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 22:12
Un poème-chanson qui ...aime Rimbaud...


La miseria di una stanza a Londra,
le fumerie di Soho:
già grande si buttava via.
E sua madre nel fienile e nel ricordo:
vecchia, scassata borghesia.
Ribaltare le parole, invertire il senso
fino allo sputo,
cercando un'altra poesia.
E Verlaine che gli sparava e gli gridava:
"Non lasciarmi, no,
non lasciarmi, vita mia..."

E nave porca, nave vai
la gamba mi fa male, dài
le luci di Marsiglia non arrivan mai.

"Un hydrolat lacrymal lave
Les cieux vert-chou, les cieux vert-chou:
Sous l'arbre tendronnier qui bave,
vos caoutchoucs"...

Portoghesi, inglesi e tanti altri uccelli di rapina
scelse per compagnia.
Quella voglia di annientarsi e di non darsi,
e basta, basta poesia.
E volersi fare male al punto di finire, lui,
mercante d'armi
fra l'Egitto e la follia.
E una negra grande come un ospedale
da aspettare
e poi la gamba e l'agonia.

E nave porca, nave vai,
ho freddo e manca poco, dài,
le luci di Marsiglia non arrivan mai.

Ho visto tutto e cosa so?
Ho rinunciato, ho detto "no",
ricordo a malapena quale nome ho:
Arthur Rimbaud, Arthur Rimbaud,
Arthur Rimbaud...



Par Nicolò - Publié dans : Poésie - Divers
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 09:43
Charles Baudelaire :
La Destruction

Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon;
 II nage autour de moi comme un air impalpable;
 Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon
 Et l'emplit d'un désir éternel et coupable.

Parfois il prend, sachant mon grand amour de l'Art,
 La forme de la plus séduisante des femmes,
Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
 Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

II me conduit ainsi, loin du regard de Dieu,
Haletant et brisé de fatigue, au milieu
Des plaines de l'Ennui, profondes et désertes,

Et jette dans mes yeux pleins de confusion
Des vêtements souillés, des blessures ouvertes,
 Et l'appareil sanglant de la Destruction!

FULGURATION:

 -Le Démon nage autour de moi comme un air impalpable.

 -Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon Et l'emplit d'un désir éternel et coupable. 

 -Mes yeux pleins de confusion

COMMENTAIRE:

La poésie présente un portrait complèt de l'esprit du poète, en fait tous ses poèmes ont pour thème des images de cadavres en décomposition, et les souffrances de la vie en général ..
Nous avons été impressionnées parce que, grâce à l'utilisation des comparaisons et métaphores,il exprime sa souffrance intérieure qui ne peut que s’exprimer qu’avec de la poésie.




Chiara,Deborah,Giulia
Par Chiara,Deborah,Giulia - Publié dans : Poésie - Divers
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 22:10
pianto antico Giosuè Carducci
 Pianto antico
L'albero a cui tendevi la pargoletta mano,
il verde melograno Dà bei vermigli fiori
Nel muto orto solingo
Rinverdì tutto or ora,
 E giugno lo ristora
 Di luce e di calor
. Tu fior de la mia pianta
Percossa e inaridita,
Tu de l'inutil vita
 Estremo unico fior,
 Sei ne la terra fredda,
Sei ne la terra negra;
Né il sol piú ti rallegra
 Né ti risveglia amor.



 Le thème est celui du poème de Hugo, la meme douleur, la meme angoisse, la nature est le temoin... la mort est la meme partout.
Par nicolò - Publié dans : Poésie - Divers
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 14:41
« Demain, dès l'aube... » Le poème en bande-dessinée
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Demain, dès l’aube…


Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

 

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées.
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

 

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, ville près du Havre
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx (1) vert et de bruyère (2) en fleur.

 

1. arbre à fueilles bordées de piquants, à petites baies rouge vif
2. plante des landes à fleurs variant du blanc au pourpre

 




Par Nicolò - Publié dans : Poésie - Divers
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 11:00
http://www.lequartz.com/sites/default/files/images/header/TRINTIGNANT-en-tete.jpg

Les Terminales L du lycée de l'Iroise, qui ont animé i-voix tout au long de l'année 2008-2009, assistent ce mardi 15 décembre à un spectacle donné au Quartz à Brest : le très grand comédien Jean-Louis Trintignant vient lire des poèmes de Jacques Prévert, Robert Desnos et Boris Vian...






http://www.voir.ca/blogs/nouvelles_arts_de_la_scene/Prevert.jpg

LE JARDIN


Des milliers et des milliers d'années
Ne sauraient suffire
Pour dire
La petite seconde d'éternité
Où tu m'as embrassé
Où je t'ai embrassée
Un matin dans la lumière de l'hiver
Au parc Montsouris à Paris
À Paris
Sur la terre
La terre qui est un astre.

 


JACQUES PREVERT


 

 


 

 

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/image/Biographies/GHRobertDesnos.jpg

 


Vent nocturne


Sur la mer maritime se perdent les perdus
Les morts meurent en chassant
des chasseurs dansent en rond une ronde
Dieux divins! Hommes humains!
De mes doigts digitaux je déchire une cervelle
cérébrale.
Quelle angoissante angoisse!
Mais les maîtresses maîtrisées ont des cheveux chevelus
Cieux célestes
terre terrestre
Mais où est la terre céleste?



Robert Desnos






http://dutron.files.wordpress.com/2009/06/borisvian-trompette-1958.jpg

JE VOUDRAIS PAS CREVER


Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver

Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles

Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu

Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre

Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards

Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres

Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas

Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si, si, si je savais
Que j'en aurai l'étrenne

Et il y a aussi
Tout ce que je connais
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères

Et les baisers de celle
Que ceci, que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus, faut bien
Rester révérencieux

Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures

La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur

Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs

Tant de choses à voir
  Àvoir et à entendre
Tant de temps à attendre
 À chercher dans le noir

 
Et moi, je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non, monsieur; non, madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...


BORIS VIAN





http://www.theatredevienne.com/pro/photos_0910/100122_jean_louis_trintignant.jpg
Jean-Louis Trintignant
Par i-voix - Publié dans : Poésie - Divers
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 10:50

L'Amour et le Crâne

 ===================

Vieux cul-de-lampe
 L'Amour est assis sur le crâne
 De l'Humanité,
Et sur ce trône le profane,
Au rire effronté,


Souffle gaiement des bulles rondes
Qui montent dans l'air,
Comme pour rejoindre les mondes
Au fond de l'éther.


Le globe lumineux et frêle
Prend un grand essor,
 Crève et crache son âme grêle
 Comme un songe d'or.


 J'entends le crâne à chaque bulle
 Prier et gémir: - "Ce jeu féroce et ridicule,
 Quand doit-il finir?


 Car ce que ta bouche cruelle
 Eparpille en l'air,
 Monstre assassin, c'est ma cervelle,
 Mon sang et ma chair!"





CONTRACTION


L'Amour et le Crâne

 ===================

 Vieux cul-de-lampe

 L'Amour est assis sur le crâne
 De l'Humanité,
Et sur ce trône le profane,
 Au rire effronté,

 Souffle gaiement des bulles rondes
 Qui montent dans l'air,
 Comme pour rejoindre les mondes
 Au fond de l'éther.

 Le globe lumineux et frêle
 Prend un grand essor,
 Crève et crache son âme grêle
 Comme un songe d'or


 J'entends le crâne à chaque bulle
 Prier et gémir:
- "Ce jeu féroce et ridicule,
 Quand doit-il finir?

 
Car ce que ta bouche cruelle
 Eparpille en l'air,
 Monstre assassin,c'est ma cervelle,
Mon sang et ma chair!"



ASSOCIATION

 "Et sur ce TRONE le profane":
Nous fait penser que L'amour est quelque chose,
un sentiment supérieur..


"Le globe creve et crache son ame grele"
Pour nous "l'ame grele" c'est l'homme et peu représenter
la souffrance!


"J'entends le crane a chaque bulle"
la "bulle" peu etre un pensée,une idée


"Des bulles rondes qui montent dans l'air"
Quelquefois l'amour peu faire du mal




INSERTION


L'Amour et le Crâne

 ===================

 Vieux cul-de-lampe

 L'Amour est assis sur le crâne
 De l'Humanité,
 Et sur ce trône le profane,
Au rire effronté,

L'homme ne peut pas s'opposer à l'Amour
parce que il est trop fort
et l homme est son esclave.


Souffle gaiement des bulles rondes
 Qui montent dans l'air,
Comme pour rejoindre les mondes
Au fond de l'éther.

incorruptible,infini et
parfait .

 Le globe lumineux et frêle
Prend un grand essor,
Crève et crache son âme grêle
Comme un songe d'or.

L' homme se refuge dans  des songes irréalisables

J'entends le crâne à chaque bulle
 Prier et gémir: - "Ce jeu féroce et ridicule,
 Quand doit-il finir?


Car ce que ta bouche cruelle
 Eparpille en l'air, Monstre assassin, c'est ma cervelle,
 Mon sang et ma chair!"



FULGURATION

 
Maintenant des phrases heureux..

"Creve et crache son ame grele comme un songe d'or."

" Ce jeu féroce et ridicule Quand doit-il finir?"

"monstre assassin.c'est ma cervelle,mon sang et ma chair!"

 

Par Ginevra, Susanna,Gaia - Publié dans : Poésie - Divers
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 10:47
 
Les deux incompris
par i-voix




Ici pour vous un diaporama qui compare deux personnages de la littérature allemande et française.

A bientôt!

 

Par Egle, Anna, Martina - Publié dans : Poésie - Divers
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 13:26

 
debbychiaragiulia
par i-voix

Par Deborah,Chiara e Giulia - Publié dans : Poésie - Divers
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 20:49

Nous et notre soi disant romantisme

Nous et nos idées non préconcues

Nous t'invitons à notre table , tu y seras cordialement reçu .




Par Quentin - Publié dans : Poésie - Divers
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 18:26
 

Invictus

Dans la nuit qui m'environne,

Dans les ténèbres qui m'enserrent,

Je loue les Dieux qui me donnent

Une âme, à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,

Je ne veux pas me rebeller.

Meurtri par les tribulations,

Je suis debout bien que blessé.

En ce lieu d'opprobres et de pleurs,

Je ne vois qu'horreur et ombres

Les années s'annoncent sombres

Mais je ne connaîtrais pas la peur.

Aussi étroit soit le chemin,

Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme

Je suis le maître de mon destin,

Le capitaine de mon âme.  

William Henley



 

Ce poème est l'un de mes préférés. il a été écrit par William Henley, un poète américain, sur son lit d'hopitâl alors que celui ci venait de se faire amputer du pied. Le titre Latin "Invictus", qui signifie "invinscible" montre en quelque sorte la détermination de l'auteur même dans les moments les plus difficiles de son existence. Il m'a marqué dès la première fois que je l'ai lu et je trouve que ces vers dégagent une certaine noblesse.

Par Camille. - Publié dans : Poésie - Divers
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 09:45

Spleen -

Baudelaire : Spleen : quand le ciel bas et lourd...

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Par Rebecca - Publié dans : Poésie - Divers
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 11:37


La Femme passe comme un serpent dans la vie des hommes...sans qu'ils puissent la saisir...


Le serpent qui danse

Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau!

Sur ta chevelure profonde
Aux acres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêlent
L’or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon coeur!

     Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal
Par Nicolò - Publié dans : Poésie - Divers
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